Le blog de Klaux

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lundi 3 mars 2008

Le bac à sable de Gargantua

Je me propose aujourd'hui de vous montrer quelques photos des dunes de Samalayuca (et je m'aperçois avec tristesse que je n'arrive toujours pas a écrire ce nom correctement du premier coup...

Le désert de Chihuahua est une longue étendue de terre, plane et juste hérissée de quelques agaves et Yucca. Même pas de cactus cierge comme en Basse Californie... Le voyage de Ciudad Juárez à la ville de Chihuahua est particulièrement ennuyeux, avec une route toute droite à peine obligée de dévier tous les 50 km pour éviter une colline. Il y a tout de même deux attractions sur la route. L'une est une étape culinaire à mi chemin dont je vous avais déjà parlé brièvement dans ce sujet.. L'autre est toute proche de Juárez et ce sont les dunes. Pourquoi un tas de sable géant juste ici et pas ailleurs? Les caprices de la nature sont souvent impénétrables... Mais entrons plutôt.

D'abord, ces dunes se méritent. En trouver l'entrée n'est pas simple à cause d'un manque quasi-total d'indications. Ensuite il faut payer l'entrée. On n'a pas bien compris si c'était un officiel de l'état de Chihuahua à qui appartiennent les dunes en théorie (mais pourquoi serait-il avec toute sa famille?) ou un privé qui se met juste là pour faire des sous, mais bon, on a payé. La première chose que l'on rencontre est ce petit oratoire :

Il est relativement récent (avril 2006) et a été érigé par une famille locale.
Vous pouvez ensuite entrer dans le vif du sujet.

Il n'y a pas de chemin pour visiter, chacun est libre d'aller où bon lui semble et comment lui semble. Il y a en effet pas mal de véhicules tout terrain qui viennent s'amuser dans les dunes. Il y a d'ailleurs une course organisée ici en été (je n'ose pas imaginer le caniard qu'il doit faire en plein été ici). Il y a même quelques familles venues défouler les enfants dans le sable. Dans l'ensemble on ne peut cependant pas dire qu'il y ait foule et il est facile de trouver un lieu où l'homme n'a jamais mis le pied (ou du moins pas depuis le dernier coup de vent, c'est à dire quelques heures au maximum).

Les dunes réservent parfois d'amusantes surprises aux amoureux :

Comment cet oiseau en est arrivé à tourner en rond, ou plutôt "en cœur", aucune idée, mais ça fait son petit effet quand vous passez à côté...

Et puis finalement le soleil baisse à l'horizon et le sable jaune vire au rouge-orangé. C'est le moment idéal pour jouer à faire des ombres chinoises.

C'est déjà l'heure de rentrer!

Je conclus sur une note qui n'a rien à voir : je vous parle toujours de ce qui est différent, parce que finalement c'est ce qui est le plus intéressant. Mais il y a aussi des choses qui sont parfaitement identiques. Les dentistes par exemple. Même lampe sur puissante dans les yeux, même piqûre dans la gencive, même bruit de la fraiseuse qui donne la chair de poule... Je veux bien croire que les dentistes soient des gens tout à fait sociables, mais je n'aime définitivement pas leur rendre visite...

lundi 16 juillet 2007

Paquimé!

Je vais donc aujourd'hui vous parler de Paquimé. Si vous cherchez sur une carte, il vous faudra chercher Casa Grandes ou Nuevas Casas Grandes. La ville se trouve à environ 200 km à vol d'oiseau au Sud Ouest de Juárez. La ville de Nuevas Casa Grandes (les nouvelles grandes maisons) n'a en elle pas grand chose de particulier, mais un peu à l'écart se trouvent les ruines de Paquimé, patrimoine de l'humanité depuis 1997. Évidemment, pensant que j'allais voir un site protégé par l'Unesco, je m'attendais à un truc grandiose. C'est sans doute pour ça que j'ai été un peu déçu. C'est intéressant, c'est vrai, mais ce n'est pas très grand et heureusement qu'il y a un musée pour donner quelques explications, parce qu'une fois sur le site, c'est le vide absolu d'indications.

En fait, on se sait pas grand chose de Paquimé. Le site aurait été créé au début du 13ème siècle. Par qui? Les hypothèses ne manquent pas. Il pourrait s'agir de missionnaires aztèques, venus créer des centres de commerce avancés, ou bien des Indiens d'Amérique du Nord ayant émigré de leur terre natale plus au Nord. Ou bien... Enfin bref, on ne sait pas trop. Toujours est-il qu'un village est né, comptant au plus fort de son expansion plusieurs milliers d'habitants. Deux facteurs semblent avoir régi la culture de Paquimé : la religion et le commerce (d'où l'idée des missionnaires commerçants aztèques). Les temples étaient nombreux à Paquimé (ci-dessous une photo de ce qu'il reste de l'un d'entre eux)

La religion exercée était assez proche de celle des peuples plus au Sud, avec bien sûr une puissante divinité de la pluie, qui permettait ou non l'arrivée de la pluie salvatrice pour les récoltes. Les connaissances astronomiques étaient aussi très dévelopées, comme en témoigne cette croix, devenues l'enblème de Paquimé (une croix avec un point à chaque bout). Elle permet avec une bonne précision de déterminer les dates principales de l'année.

Bien que cela semble difficile, les habitants entretenaient une colonie de perroquets, animal chargé de symbolique dans les religions mésoaméricaines. Ceci est sans doute les ruines de la salle où ils étaient retenus.

Le commerce était l'autre aspect de la vie des gens de Paquimé, la ville se situant à un important carrefour de routes commerciales, du Nord vers le Sud, mais aussi d'une côte océanique à l'autre. On a ainsi retrouvé des quantités impressionnantes de coquillages qui de manière évidente ne peuvent pas provenir de Paquimé. L'artisanat local était spécialisé dans la poterie, ce qui à mon sens est assez logique, la terre étant à peu près la seule ressource naturelle qu'ils aient eu à disposition à profusion.

Les maisons étaient fabriquées en adobe (terre sechée) donnant aux angles une jolie forme arrondie. L'élément architectural de Paquimé le plus sujet à controverses sont les portes. Elles ont toutes une forme de T, ce qui laisse les scientifiques perplexes. Les deux hypothèses les plus souvent avancées sont celles du moyen de défense ou du moyen de permettre de faire passer de plus lourdes charges. A mon avis, elles étaient droites avant, mais un type a dû vouloir passer avec un objet encombrant au travers des épaules et a tout cassé. Mais ce n'est que mon hypothèse...

Les gens devaient aussi être sacrément petits, vu la taille des portes.

Comment Paquimé est-elle disparue au 15ème siècle, presque 100 ans avant l'invasion des Espagnols qui ne trouvèrent que des ruines ici? Encore une fois, les chercheur s'interrogent. Il est possible que des guerres au Sud aient coupé les routes commerciales, privant ainsi Paquimé de ses revenus. Ou alors une sécheresse sévère plusieurs années de suite a fait s'enfuir les habitants.

Conclusion : On ne sait pas grand-chose de l'histoire de Paquimé! Mais les recherches continuent. Dans quelques années peut-être...