Un rocher plein de vie

Nous en étions donc restés à ma tentative manquée d’aller visiter les pétroglyphes de Samalayuca.  L’idée était de coupler cette visite avec celle de Hueco Tanks qui possède aussi de jolis dessins rupestres.

Me voici donc  le lendemain, la batterie chargée à bloc, en direction de la réserve naturelle de Hueco Tanks, côté US. Comme la veille, le trajet étant un peu long, je m’étais promis que si je passais en-dessous de 50 % de capacité avant d’arriver, je ferai demi-tour. En fait j’ai passé cette limite alors qu’il me restait encore une bonne vingtaine de km à parcourir. J’ai hésité -pas longtemps- et j’ai continué mon chemin!… Arrivé à destination, il me restait un tiers de capacité…

Hueco Tanks, c’est un étonnant ensemble de 3 gros rochers au milieu du désert. Comme beaucoup de choses ici, son nom est un mélange des deux principales langues de la région: ‘Hueco’ signifie ‘creux’ en espagnol et ‘Tanks’ signifie ‘citerne’ en anglais. Vous l’aurez compris, les rochers en question sont plein de creux naturels qui forment autant de petites mares pendant la saison des pluies, et conserve l’eau si précieuse dans le désert pendant de longues périodes.

L’entrée du parc ressemble à ça :

L’entrée de Hueco Tanks

Et effectivement, les rochers sont pleins de creux :

Les 2 trous au premier plan sont d’origine humaine mais les trous naturels à l’arrière-plan n’ont rien à leur envier
Ici on voit les petites mares se succéder
Trous secs en plein soleil

J’avais pensé venir très tôt car les rangers organisent des observations d’animaux le matin. J’ai vite abandonné l’idée mais j’ai quand même fait de belles rencontres au cours de ma ballade, et ce dès le premier virage où je suis tombé sur un roadrunner (ou grand géocoucou) plus connus chez les amateurs de dessins animés sous le nom de Bip-Bip.

Approche prudente
Bip-Bip!

 

 

 

 

 

Oui, le Bip-bip du dessin animé ressemble plus à une autruche qu’un roadrunner qui n’est pas si haut sur pattes et pas si coloré. Par contre j’ai cherché en vain le coyote. Il avait dû tomber d’un rocher…

Désolé de la mauvaise qualité des images, je n’avais que mon téléphone pour prendre des photos. C’est pour ça que vous n’aurez pas les photos des magnifiques libellules bleues que j’ai vues plus loin. Je vous mets un lézard pour prouver qu’ils n’étaient pas farouches, mais ça ne rend pas grand chose.

Lézard

Et les peintures rupestres dans tout ça? Et bien à l’entrée on vous remet un plan en expliquant que le premier rocher est libre d’accès mais par contre les deux autres ne sont accessibles que sur visite guidée à cause du vandalisme passé. Et devinez où sont les plus belles peintures?… En plus, sur les 6 ou 7 que j’aurais pu voir, je n’en ai trouvées que 2 (et pourtant j’ai crapahuté) et ils étaient tellement abîmés que je ne les ai même pas photographiés. Bref, une fois de plus, il faudra revenir, en réservant la visite guidée cette fois-ci…

Mais la faune, la flore, et le plaisir d’escalader les rochers ont bien sauvé la journée.

Qui veut des figues de barbarie?
Ce n’est plus un coussin de belle-mère, c’est le lit entier!

 

Un beau yucca devant la grotte avec de magnifiques peintures effacées

Le film d’introduction obligatoire avant la ballade montrait de drôles de crevettes et je sautais donc de mare en mare en espérant les rencontrer. Je n’ai vu au début que des têtards mais près du sommet, je les ai enfin rencontrées et je n’ai pas été déçu! Ce sont des Triops longicaudatus, une espèce de crustacé d’eau douce qui aurait plus de 200 millions d’année. Leur méthode de survie? Ils pondent des œufs capables de survivre à 20 ans de sécheresse! Et quand enfin vient la pluie, la mare grouille de vie! J’adore leur tête comme un bouclier et leurs papattes qui pédalent à toute vitesse pour avancer. Voyez plutôt!

Une plage très fréquentée

 

 

 

 

Après tout ça, une petite pause au sommet!

Sommet de Hueco Tanks. Au bout de la route, c’est El Paso.

Admirez tout ce vert! On ne se croirait pas au milieu du désert! C’est qu’il avait plus la veille : dans ce cas, le paysage ocre monotone prend temporairement des couleurs brun et vert!…

Le chemin du retour a été plus accidenté et moins fructueux. Juste avant la fin tout de même, un lièvre est venu me dire au revoir.

Retour à la voiture et à d’autres soucis : la batterie! J’avais repéré une borne de recharge gratuite dans une galerie marchande à El Paso, mais il y avait encore plus de 40 km de désert à traverser… Je n’ai pas fait le malin et j’ai roulé lentement et sans air conditionné. En fait j’avais encore « largement » de quoi arriver. Et pendant que Titine rechargeait ses batteries, moi je rechargeais les miennes avec un délicieux sushi. Idéal non?

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De jolis dessins… Sans doute…

Oui, je sais, ça faisait longtemps… Je vous avais prévenu, ça dépend des humeurs…

Mais justement je pensais à vous quand on m’a parlé de pétroglyphes à Samalayuca, à une cinquantaine de km au Sud de Juárez. Ça avait l’air intéressant et je me suis dit que je pourrais en tirer un bon article avec quelques jolies photos. Le matin, j’ai été à une partie de paintball qui s’est terminée sous la pluie. Rentré à la maison, j’attendais la fin de la pluie pour pouvoir sortir. Il a plu environ 2 heures en tout.

Enfin, la pluie s’arrête et je me décide à partir. Au début tout allait bien, mais au niveau de l’aéroport, un bouchon immense! Au bout d’1/2h sans presque avancer, je décide d’annuler ma balade et de rentrer. Tant pis pour vous (et pour moi!), pas de pétroglyphes aujourd’hui! Mais pourquoi ce bouchon?

Voici quelques photos prises ce jour-là qui vous donneront une -petite- idée de la situation :

Et bien sûr, là où je suis passé, ce n’était rien à comparaison d’autres endroits que j’ai soigneusement évités. C’est suite à ce genre de climat que l’on comprend pourquoi tout le monde a un 4×4 ici… Maintenant imaginez que vous conduisez dans ces conditions assis sur une pile électrique… L’eau et l’électricité n’ont jamais fait bon ménage… Bien sûr les batteries sont protégées et Nissan a testé son véhicule… Mais l’a-t-il testé à Juárez? 🙂

Après de fortes pluies, certaines rues se transforment en véritables torrents emportant tout sur son passage. C’est ce qui explique apparemment mon embouteillage : des voitures ont été emportées d’une voie secondaire jusqu’au milieu de l’avenue!

Enfin bon, tout s’est bien passé mais je n’ai toujours pas vu les pétroglyphes de Samalayuca. Par contre, le lendemain, je suis allé à Hueco Tanks, côté américain, où là aussi il y a des pétroglyphes anciens… Mais ce sera pour la prochaine fois!

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